À l’Université de Liège, il n’est pas de tradition d’avoir une représentation étudiante active. Se sont succédés pendant plusieurs années différentes jaunasses aphones, incapables de formuler la moindre objection à la politique institutionnelle, davantage soucieuses de leur carrière et de leurs relations avec le corps académique que de la défense des droits des étudiants et de l’avenir de l’enseignement supérieur en Belgique francophone. Les représentants étudiants de cette année ont décidé de rompre avec cette habitude. Nous avons adopté une position ferme sur le projet de réforme institutionnelle proposée par le recteur Bernard Rentier. Cette attitude déroutante nous vaut aujourd’hui les foudres du principal représentant de l’institution, qui s’est lancé dans une entreprise de démolition des représentants démocratiquement élus par les étudiants.
La position du conseil des étudiants est disponible ici. Elle a été adoptée à l’unanimité de ses membres, à la suite de deux mois de travaux où l’ensemble des représentants des étudiants ont été conviés. Elle a fait l’objet de plusieurs versions, de réflexions profondes, de débats passionnés et d’amendements multiples. En bref, elle a subi le traitement normal de toute position adoptée régulièrement par une instance représentative avant d’être présentée au public.
A contrario, le projet de réforme institutionnelle du recteur a été élaboré en cercle restreint, lors de rencontres entre privilégiés. Elle a été vendue clé sur porte aux différents membres de la communauté universitaire, à la faveur de négociations dont nous ignorons l’essentiel. L’ensemble a été maquillé en consultation “démocratique”, consistant en une tournée des lieux décisionnels privilégiés par le recteur et excluant le conseil des des étudiants.
Notre position dénonce les conditions d’élaboration de ce projet, ainsi que les propositions que celui-ci formule quant à l’avenir de notre institution. Pour une fois, les étudiants ont eu l’outrecuidance de s’attaquer à la sacro-sainte parole rectorale. Ils l’ont fait sans avoir eu l’aval de qui que ce soit, et qui plus est sur un ton fort peu académique. Comble de l’irrévérence, ils ont diffusé leur parole au sein de l’institution. Blasphème ! Hérésie !
Faute de pouvoir se livrer à un débat serein, Bernard Rentier tente désormais de nous déstabiliser. Sur l’un de ses innombrables espaces d’expression en ligne, il se fait le porte parole de deux étudiants qui ne se retrouvent pas dans la position de leurs représentants. À ses yeux, cette situation justifie une remise en cause de la représentativité de ces outrageux mandataires étudiants, qui se sont permis d’émettre des doutes sur la pertinence des propositions rectorales.
Tout ceci serait profondément ridicule si cela n’était révélateur d’une attitude générale de mépris vis-à-vis des opinions divergentes, à l’université comme ailleurs. Il semble désormais impossible de défendre des positions allant à l’encontre des vues dominantes sans être mis sur la sellette, non pas sur le fond mais sur la forme. Faute de pouvoir justifier leurs options politiques et managériales de manière satisfaisante, les élites s’appliquent à délégitimer leurs contradicteurs. Cette situation constitue un véritable déni de démocratie, face auquel il est urgent de se mobiliser.


20 mars 2009 à 10:51
Monsieur Lesuisse,
Etant membre depuis plusieurs années du B.E et du C.A de l’ulg, je n’ai jamais constaté que les représentants étudiants qui vous ont précédés dans ces instances étaient “des jaunasses, des aphones, des incompétants…”.
Pour les avoir côtoyé régulièrement en ma qualité de représentant des milieux économiques, sociaux et politiques (en l’occurence la FGTB, toujours proches des étudiants), je vous assure que vous anciens collègues ne mérittent pas vos qualicatifs.
Je regrette vos propos et votre attitude, ceux-ci déservent grandement la cause noble que vous devriez défendre.
J’espère m’en entretenir avec vous prochainement si vous donner à l’administrateur que je suis la capacité d’être entendu et écouté.
Bien à vous,
Philippe LIZIN
20 mars 2009 à 11:52
Je souhaite que les lecteurs de ce blog ne fassent pas l’amalgame entre les opinions exprimées à titre personnel par Thomas Lesuisse sur son blog et les positions défendues par le conseil étudiant (bien qu’en majorité, je partage les avis exprimés ici). C’est un raccourci qui serait trop facile.
Ce blog où des articles traitent en grande partie des activités de représentation étudiante n’a en aucun cas le même statut que le blog de Monsieur le Recteur ou que le Blog sur la réforme institutionnelle.
20 mars 2009 à 14:37
Monsieur Lesuisse,
En tant que membre du CA de notre institution et réagissant à titre tout à fait personnel, je ne peux rester insensible à certains propos contenus dans le texte ci-dessus.
Mon but n’est pas d’intervenir sur les antagonismes qui vous opposent aux autorités et particulièrement au Recteur Rentier mais bien de vous faire part de mes observations en ma qualité d’administrateur.
De plus, je crois me reconnaître dans les opinions (parfois) divergentes qui seraient méprisées par nos autorités (sic…)
1- Je ne me suis jamais senti méprisé par quelqu’autorité que ce soit (Recteur, Administrateur et autres…) lors de mes interventions au BE, au CA ou à d’autres occasions et, comme vous le savez, je ne suis qu’un “petit” représentant PATO.
2-Le CA de l’ULg est, à mon humble avis, un lieu de débats, d’échanges d’opinions et d’idées ainsi que l’organe décisionnaire le plus élevé de notre Alma Mater. En faire partie implique l’adhésion à certains principes.
3-Parmi ces principes, la solidarité envers les décisions prises par une majorité des membres de notre CA me paraît essentielle….même si on est tout à fait contre.
4-Je peux vous assurer que si j’estimais le fonctionnement de notre CA et les actions de nos autorités anti-démocratiques, comme vous l’écrivez, je n’y siègerais pas !
Salutations respectueuses….et néanmoins amicales
Roland MONTULET
Représentant PATO au CA de l’ULg
PS: Je transfère copie de ce courrier à tous les membres du CA, cela me paraît démocratique de procéder de la sorte.
20 mars 2009 à 16:34
Cher Mr Lesuisse
Je suis outré des commentaires que vous postez. N’y figurent ucun respect vis-à-vis de l’institution ou des représentants étudiants antérieurs, mais seulement la volonté d’adopter des positions de principes d’un autre âge et enfin une apreté avérée de noyauter la Fédé avec un groupe de noyautage qu’il vaudrait sans doute mieux appeler monoxyde de carbone qu’oxygène.
Ne serait-il pas plus opportun d’avoir une vue moins partisane et de s’inscrire dans une démarche non pas de corporatisme mais bien dans le souci de contribuer à une amélioration du fonctionnement de l’institution.
Pour celà il faut évidemment se dégager de la soif de pouvoir et de contrôle qui vous habite et d’un état d’esprit agressif qui vous empêche d’entamer un débat sans y mettre des attaques personnelles.
Je vais en rester là car le temps me manque et qu’au lieu de me lire vous avez sans doute une réunion ou des examens à préparer. J’aurai l’occasion d’éventuellement en dicuter de vive voix avec vous si le cas échéant vous daignez vous présenter au CA.
Finalement tout ce qui est excessif est insiginifiant
Pr J-O Defraigne
20 mars 2009 à 17:08
La Fédération des étudiants est normalement un organe pluraliste, c’est à dire un organe dans lequel l’avis de la majorité des facultés peuplant notre joli paysage universitaire est normalement entendu.
Force est de constater aujourd’hui qu’elle ne remplit pas sa mission. Le départ de certains administrateurs lors du Conseil d’Administration, sans attendre la moindre explication est une fermeture manifeste au dialogue pourtant prôné dans le message délivré par ces étudiants qui ont fait le choix de gérer ensemble la Fédé. La remise en question est probablement une qualité qu’il ne maitrise pas encore totalement.
Suite à la concertation avec les membres représentants de notre Faculté, il devient impossible de fermer les yeux sur ce genre d’attitudes. Aussi, la majorité des membres représentants de la Faculté de Psychologie & des Sciences de l’Education se rallie à la Faculté des Sciences Vétérinaires, gageant qu’il est possible que la démocratie ne soit pas que la parole donnée au plus grand nombre, mais aussi l’écoute attentive de la minorité.
Ces pratiques sont tout à fait inappropriées & fort peu représentatives de l’image que plusieurs générations d’étudiants se sont attelés à coller à la Fédé.
Espérons que la réaction des représentants étudiants de notre faculté permettra à ce noyau d’étudiants, qui croient procéder d’une manière parfaite, à ajuster leur comportement.
Sandrine Gaj représentante étudiante de la FAPSE et membre du CA de L’ULg depuis 2 ans.
21 mars 2009 à 18:31
Le but de ce blog n’est pas:
* le règlement de compte
* l’attaque gratuite envers des personnes, organisations ou institutions
* l’audience
* l’objectivité
Le quatrième et dernier point n’est en effet pas rencontré dans cet article.
23 mars 2009 à 0:10
Salut Thomas,
Si le sujet ne te touchait pas tant à coeur, si la légitimité et la pertinence de ta parole n’était pas aussi violemment mise en doute, et de toute part (vive la solidarité, même dans ta liste, putain!) , je suis sur que tu savourerais comme moi cette levée de boucliers des gardiens du temple, des “nouveaux chiens de garde” du bon ordre établi. Cela prouve que tu leur es dangereux, que tu es affuté.
@ P. Lizin. Pour avoir été représentant étudiant, et même travaillé pour la fédé, je peux vous assurer que les “jaunasses afones et incompétents” représentent une fraction non négligeable de la représentation étudiante.
Jaunasses parce qu’ils troquent confrontation d’opinion et solidarité contre consensus confortable et petits fours (vous avez même de parfaits exemples dans les commentaires ci-dessus).
Afones parce que ne représentant qu’eux mêmes et leur ambition (parfois, il est vrai enrobée de bons sentiments et de bonnes intentions),
Incompétents parce qu’étant incapable de gérer correctement une asbl. Dois-je vous rappeler que sur les 5 dernières années, la fédé a connu un détournement (conséquent) et une démission pour “abus de biens sociaux”. Et encore, je ne parle que des choses qui sont de notoriété publique mais malgré tout légalement condamnables. Le super-lourd, quoi…. Evidemment, tout ça ne se trouve pas forcément dans les PV du CA ULG, j’en conviens….Par contre, les articles que leur a consacré thomas sont éclairants à cet égard. Je ne peux que vous conseiller de les lire.
@Nathan
Tout le monde sait que ceci est le blog de thomas, c’est même écrit sur toutes les pages en haut à droite. Je ne comprends donc pas le sens de ton message, à moins de te mettre des idées moins avouables derrière la tête….Comme cela ne ressemble pas vraiment à un message de soutien, si j’étais un peu….soupçonneux, je dirais que ça te permet, entre les lignes, de te démarquer personnellement de la position de Thomas…. On assure ses arrières?
Ce que je retiens, en lisant (de loin) ces échanges, c’est que l’on s’attaque à la forme du débat pour éviter de parler du fond, à savoir l’avis du conseil étudiant sur la réforme proposée. C’est que sous tous ces cris d’orfaie sur les convenances et la forme du discours, c’est la démocratie à la florentine que l’on protège.
Quand tu parlais des gardiens du temple, tu pensais aussi au grand temple d’à côté, où tu avais juste la fédé en tête? Parce que c’était assez visionnaire comme image, finalement.
Allez, un peu citations de sciences sociales et politiques, pour élever le débat.
« le fait divers fait diversion » P. Bourdieu
” C’est l’épreuve qui fait apparaitre le réseau”. B. Latour
” Quand je ne veux plus de mauvaises nouvelles? Je tue le messager” S. Hussein
J’en avais une autre, mais il y avait le mot “bourgeois”. Alors je la mets pas, pour éviter les procès en communisme stalinien.
Solidarité dans l’épreuve, donc, cher Thomas. et à bientôt pour de nouvelles aventures.
23 mars 2009 à 0:12
Ah, oui, vérification faite, on écrit aphone. Bon, ç’aurait été mieux de vérifier avant, évidemment.
24 mars 2009 à 14:28
“J’en avais une autre, mais il y avait le mot “bourgeois”. Alors je la mets pas, pour éviter les procès en communisme stalinien. ”
Mais oui ! Tous ces opposants (ouh les vilains!), prêts à mordre en usant d’interprétations tendancieuses de quelques termes de vocabulaire. Heureusement que vous ête loin de tout cela…
27 mars 2009 à 14:03
31 mars 2009 à 13:55
“prêts à mordre en usant d’interprétations tendancieuses de quelques termes de vocabulaire. Heureusement que vous ête loin de tout cela…”
Pure ironie …
1 avril 2009 à 15:13
“-Parmi ces principes, la solidarité envers les décisions prises par une majorité des membres de notre CA me paraît essentielle….même si on est tout à fait contre.” nous dit Mr Montulet, représentant du PATO. Ceci impliquerai qu’il devrait être solidaire d’une décision visant, par exemple, à réduire drastiquement le personnel. Le C.A de l’unif, ce n’est pas un gouvernement, ses membres n’ont pas à être solidaires des décisions qu’il prend à la majorité.
Quand bien même, les représentants du personnel et des étudiants portent avant tout la voix de leurs organisations et/ou de leur paires. C’est à leur base qu’ils doivent rendre des comptes et non au C.A.
Pour adhérer à cette logique, il faut comprendre que les étudiants, le PATO, le personnel scientifique ont des intérêts régulièrement divergents de ceux des profs et du recteur…même si cela est masqué par un discours englobant.
Je suis confronté au même style de discours dans ma boîte.
Courage Thomas!
1 avril 2009 à 15:47
Le Pr Defraigne nous dit:
“[dans les propos de Thomas] N’y figurent aucun respect vis-à-vis de l’institution ou des représentants étudiants antérieurs”
Thomas n’est à aucun moment insultant. Bien que son jugement soit sévère. Son rôle n’est pas d’être respectueux des institutions (concept dangereux par ailleurs) mais de prendre des positions sur les dossiers importants concernant l’université dans ce qu’il considère être l’intérêt des étudiants. Tâche dont il semble s’acquitter avec courage vu la levée de boucliers.
Le Professeur poursuit “seulement la volonté d’adopter des positions de principes d’un autre âge ”
On comprend que le fond du problème est qu’il n’est pas d’accord avec la position de Thomas. Ce qui est son droit. On aurai cependant aimé qu’il amène un argument. Mais il est plus pratique de ringardiser son adversaire en qualifiant sa position “d’un autre âge”. Cela évite d’amener le débat.
L’accusation de “noyautage de la Fédé” revient périodiquement. Le professeur Defraigne n’est pas le premier à l’employer. Elle déboule invariablement sur la table dès qu’un groupe quelconque tente de s’organiser au sein de la Fédé. Ceci est toujours dénoncé au nom du pluralisme (argument de Sandrine Gaj) qui est confondu généralement avec le consensualisme: Pourtant, si des personnes s’organisent au sein d’une association pour y porter des idées communes, il n’y a pas noyautage. Cela serait le cas si un groupe, en cachant ses idées et ses buts, tentaient de manoeuvrer pour contrôler l’association.
Là où, à mon sens, le professeur Defraigne dépasse vraiment les bornes, c’est quand il fait un procès d’intention (=un sophisme consistant à condamner les actes d’une personne en lui prêtant des intentions inavouables) à Thomas en lui prêtant une “soif de pouvoir et de contrôle”. C’est tout bonnement indigne de sa condition d’intellectuel. Et c’est là qu’on se dit que la position de Thomas doit être bien dérangeante pour qu’un professeur d’université en vienne à de telles extrémités plutôt que de débattre honnêtement du fond du dossier.
1 avril 2009 à 18:43
Est-il réellement plus indignant de dire à une personne qu’elle a une soif de contrôle et de pouvoir, en comparaison à ce qui a pu se dire ici et ailleurs ? Exagération, paradoxes, rien de plus clair n’apparait ici ..
2 avril 2009 à 10:45
Je remarque simplement que là où Thomas argumente chacune de ses positions, ses détracteurs se cantonnent dans la diatribe. Cela seul pose déjà question.
Accuser Thomas d’être attiré par le pouvoir n’est pas seulement insultant, c’est surtout un argument irelevant dans ce cadre.
Je ne connais absolument pas le dossier en question. Il se peut bien que Thomas ait tord. Ce qui , à mon sens apparait clairement, c’est que les adversaires de Thomas n’ont pas l’habitude d’être contestés et sont incapables (ou n’ont pas envie) de débattre.
7 avril 2009 à 22:17
quelle misère pour l’auteur de ce blog de devoir attendre “le secours populaire” pour tenter (peut être) de remonter en selle..
7 avril 2009 à 22:24
suite (et fin)
Où l’on comprend mieux que l’auteur est peu responsable de ses écrits…
ses “supporters” pouvant ainsi par sa voix faire passer la leur…
Damned, encore raté…
7 avril 2009 à 22:59
Tout ceci n’est effectivement qu’un vaste complot.
9 avril 2009 à 9:55
ah, oui, je suis un allié encombrant.
Sorry Thomas.
Sous-entendus, posts anonymes, accusations sans fondement…J’invite manip à venir étayer sa thèse via mail par exemple: simonhupkens@yahoo.fr
Allez, un peu de courage
9 avril 2009 à 13:45
Pas du tout Simon, au contraire tu m’économises des réponses fastidieuses, merci !
Je manque de temps et – surtout – d’énergie pour répondre comme il se doit aux différents intervenants (et pour remercier ceux qui me font part de leur soutien). Mais ce n’est pas pour autant que ces commentaires me laissent de marbre…
22 avril 2009 à 9:30
Presque 11 jours d’inactivité on s’ennuye et on s’inquiète…
Thomas tu n’écris plus, on ne t’entend plus que se passe t’il?
22 avril 2009 à 21:16
Mais je prépare la mobilisation du 28 avril avec tous mes petits camarades pardi !