2004-2005

Suite au décret Bologne, le taux intermédiaire du minerval passe de 280 € à 430 € [1]. La Fédé choisit de négocier avec le recteur, tandis que le CECAM (Collectif Contre l’Augmentation du Minerval) se crée pour mener des actions contre cette augmentation. Le collectif fait circuler une pétition et récolte 3500 signatures. Une occupation du rectorat est organisée le 18 octobre 2004 : entre 300 et 400 étudiants se rassemblent devant le bureau du recteur. Cette action n’a pas le soutien de la Fédé, qui préfère toujours négocier. Néanmoins, un accord entre le rectorat et les étudiants intervient trois jours après : le minerval intermédiaire est ramené à son montant initial. Il est toutefois précisé que cette mesure est limitée à l’année académique 2004-2005.

Plus ou moins à la même période, la Fédé prépare la mise en place du décret “participation” à l’ULg [2]. Jusque là, seuls les quatre étudiants siégeant au CA de l’université étaient considérés comme représentants des étudiants. Le nouveau décret donnera à la Fédé le statut de « conseil des étudiants », c’est-à-dire une représentativité. Conséquence : il faudra organiser des élections selon de nouvelles règles et se réorganiser.

Début 2005, le CECAM devient le Syndicat Autonome des Étudiants Liégeois (SAEL). Ses membres rédigent un programme et constituent une liste pour les prochaines élections étudiantes. Mais le but est surtout de constituer un groupement permanent pour animer un mouvement critique, subversif et créatif dans la communauté étudiante liégeoise (statuts).

En mars, c’est les élections. La liste du SAEL mène une campagne assez intense, défendant un programme parlant entre autre de diminution du coût des études, du refus de la privatisation de l’enseignement… Cette démarche ne plait pas en haut lieu, où la récente occupation du rectorat a laissé un mauvais souvenir. La Fédé s’occupe de monter des « contre-listes » fissa (“Proximus”, “Réaliste” …) et de répandre un message «anti-SAEL» [3] dans les auditoires. Le 8 mars, jour de l’élection, il manque 81 votants pour atteindre le seuil de participation requis. Un deuxième tour est donc organisé le 13 avril. Résultats : le SAEL emporte un tiers des sièges de la nouvelle assemblée. Les gardiens du temple fédéen et leurs affiliés sont sévèrement battus. Autre caractéristique de ce scrutin : toutes les candidates ont été élues.

Début juin, la radio Vivacité (RTBF) annonce « du flou dans les chiffres » comptables de la Fédé… Aucune réaction publique des principaux intéressés. Quelques semaines plus tard, l’assemblée générale est informée d’un détournement de 12 000 euros par l’ancien trésorier, qui avait en plus négligé de payer les factures. L’affaire est vieille de deux mois : un réviseur a déjà ausculté les comptes de la Fédé, le responsable a reconnu les faits (et accepté de rembourser sur trois ans) et un nouveau trésorier a été nommé. Il est demandé aux membres de garder cette histoire confidentielle, afin de ne pas nuire à la réputation de la Fédé…

La suite


[1] Ce taux était jusque là pratiqué librement par les établissements d’enseignement supérieur. Le décret lui a donné une existence légale et a fixé son montant à 430 € (indexés, aujourd’hui il est de 458 €), ce qui a représenté dans les faits une hausse d’environ 50 %. Par ailleurs, le décret rendait les critères d’octroi de ce taux plus contraignants.

[2] Ce décret voté en 2003 organise la représentation des étudiants au sein des universités et au niveau communautaire. Il garantit et précise l’organisation d’élections étudiantes, les moyens accordés à la représentation étudiante, la présence de représentants étudiants dans les différentes instances universitaires et l’existence d’une représentation étudiante communautaire.

[3] Leur discours consistait surtout à dénoncer le SAEL comme un danger «extrêmiste» pour la représentation étudiante à l’ULg, traditionnellement complaisante «neutre».

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